Toi qui vient du Peuple debout entre le Ciel et la Terre,
je t’ai trouvé beau,
bien que déjà couché.
Cet arbre de vie est bien tortueux et torturé, son bois est dur, son écorce est sèche et ne se laisse pas enlever.
Des fentes, des crevasses, des blessures,des noeuds, des attaques de vers par endroits parcourent son corps comme le Temps signe son Oeuvre.
J’ai peine à me mettre à nu, mais il me faut faire peau neuve et m’habiller à nouveau de couleurs.
J’ai mal dans mes os où la peau s’est plaquée en tombant à terre.
Arbre laisse moi réveiller ton corps, le caresser.
Je creuse des sillons dans ta peau morte et la vie me ride d’autant.
La gouge burine sous ma main mais c’est mon corps qui réagit et se laisse dépouiller d’une souffrance sourde et muette.
Ces copeaux sur la plane sont autant de lambeaux de chair déposés à ton pied Sacré.
Les 4 éléments de la vie t’ont vrillé et tu t’es courbé sous ce poids invisible mais constant.
Tes petits yeux me regardent te travailler pour te donner une nouvelle dimension.
Pourquoi serais-je plus droit que cet arbre ?
Nous avons poussé l’un et l’autre au gré du vent des Esprits jusqu’ici,
où nous nous retrouvons tous 2 de passage.
Toutes ces blessures je les ai choisies, et grâce à toi, je les sors de moi pour les porter aux 4 coins de mon existence, pour servir de portes à l’ Homme-Nouveau.
Comme je te donne ta couleur Rouge, Arbre de vie, je vois la main que forme tes branches.
Elle paraît couverte de sang et tendue vers le Ciel, elle appelle son Père Créateur.
Pour, que te tenant par la main, Il te soutienne afin que tu ne tombes pas.
Arbre qui fût scié à la base, ton pied maculé de Noir, trouve un trou dans l’écorce Terrestre fait pour te dresser à nouveau.
Car tu vibres toujours.
Arbre majestueux, paré de ce collier Jaune, accepte ma main, nous allons voir la vie qui nous manqua.
On te croit mort mais tu parles encore.